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Portrait d'entreprise

05/04/2018

INTERVIEW DE PHILIPPE MARGARIT, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE GINGER CEBTP


Philippe Margarit : « Nous sommes toujours en quête de croissance externe pour élargir notre expertise et renforcer notre position de leader dans l’ingénierie de la prescription ! »

Solscope Mag : depuis 2016, Ginger CEBTP mène une politique active de développement par rachat d’entreprises. Cherchez-vous à atteindre une éventuelle taille critique ? L’objectif de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires a été évoqué pour 2020.


Philippe Margarit : Les rachats de Burgeap, en 2016, et de Lehmann + Partner, en 2017, nous permettent certes d’accroître sensiblement notre chiffre d’affaires – en 2017 nous avons dégagé environ 160 M€ avec 1 600 personnes réparties dans un réseau de 70 agences. Pour autant, le chiffre d’affaires ne constitue pas une obsession. Notre stratégie n’est pas financière, elle est qualitative, et se conçoit en termes de complémentarité de métier. Ginger CEBTP a son ancrage dans les métiers de l’ingénierie du sol et des matériaux. L’acquisition de Burgeap nous procure des compétences et des positions intéressantes dans le domaine de l’ingénierie de l’eau et de l’environnement ; Lehmann + Partner dispose pour sa part d’une expertise spécifique et très pointue dans le domaine de la route et des infrastructures.


Solscope Mag : on peut s’interroger la logique d’ensemble de ces acquisitions dans des métiers aussi différents. Quel objectif poursuivez-vous ?


Philippe Margarit : Cela nous renforce évidemment dans les spécialités que je viens de citer. Et au-delà, cela fait de Ginger un groupe pluridisciplinaire sans équivalent dans l’ingé-
nierie de la prescription. Ainsi, si nous avons bien sûr des concurrents dans chacun de nos domaines
d’intervention, aucun d’entre eux ne présente la diversité que nous pouvons afficher aujourd’hui. Au travers de ce profil singulier, notre ambition est d’offrir un panel de compétences assez large pour appréhender de manière globale l’ingénierie de l’aménagement du territoire.


Solscope Mag : dans quels métiers pourriez-vous encore vous étoffer ?


Philippe Margarit : Il existe toujours la possibilité d’améliorer nos compétences spécifiques. Dans certaines spécialités du domaine de l’environnement, nous sommes présents mais recourons à la sous-traitance. Je pense à des disciplines comme les risques naturels ou la sismicité où nous pouvons grandir, où nous sommes en phase aujourd’hui d’acquérir des sociétés. Nous sommes considérés comme une entreprise qui se développe. Nous avons donc pas mal de dossiers qui nous sont proposés. Nous procédons par opportunisme raisonné en considérant l’apport que représenterait le rachat en termes d’implantation géographique ou de métiers. D’ailleurs nous continuons également à nous développer en interne dans nos métiers de base, qu’il s’agit de ne pas négliger.


Solscope Mag : plus qu’à de nouveaux rachats, 2018 serait donc marquée par l’intégration, la « digestion » des récentes acquisitions ?


Philippe Margarit : Attention, il ne s’agit pas de fusion !
Ces entités demeurent des sociétés à part entière. Le fait qu’elles soient en bonne santé financière et structurelle limite la dose d’énergie à y insuffler.
L’indépendance des sociétés n’interdit évidemment pas de favoriser les synergies au sein du groupe. Depuis septembre 2017, par exemple, nous avons créé Ginger Deleo, un pôle d’ingénierie de la déconstruction qui fédère les moyens de Nudec, filiale de Burgeap, spécialisée dans le désamiantage, le démantèlement et les infrastructures nucléaires, avec ceux de Ginger CEBTP Démolition, expert des démolitions à l’explosif, des déconstructions mécaniques et des études vibratoires. Au total, ce sont près de 80 personnes dans une dizaine d’agences réparties sur le territoire national qui présentent une réelle complémentarité technique et géographique, et permettent de réaliser l’ensemble des prestations en maîtrise d’oeuvre du
démantèlement.


Solscope Mag : y a-t-il d’autres rapprochements en cours ou à venir ?


Philippe Margarit : Oui, dans les services fonctionnels nous avons cherché à harmoniser les pratiques. Nous avons fusionné par exemple l’ensemble de l’informatique des filiales. La société Ginger Informatique assure aujourd’hui ces prestations pour toutes les sociétés du groupe. Mais il s’agit là de réorganisation purement interne, sans incidence sur le marché. En revanche, notre offre en matière de formation va évoluer demain. Notre société dédiée, Ginger Formation,
doit fusionner des formations de Burgeap afin de créer un organisme
proposant un large éventail de formations dans les métiers tournant autour
de l’aménagement du
territoire.

 

Solscope Mag : l’acquisition de Lehmann + Partner qui évolue en Allemagne et en Pologne mar-
que-t-elle une volonté de développer vos activités à l’export ?


Philippe Margarit : L’export est l’un de nos principaux axes de développement. Cet objectif est antérieur à l’acquisition de Lehmann + Partner. Burgeap réalise déjà environ 15 % de son chiffre
d’affaires à l’export – à l’échelle du groupe Ginger, le pourcentage est de près de 20 % – et nous avons pour volonté de nous développer à l’international dans l’environnement. Nous avons investi dans la création d’une filiale en Chine qui doit représenter, à terme, l’ensemble des métiers du groupe. Cette filiale est déjà en activité et réalise des opérations d’ingénierie pour la dépollution de sols. Il existe une forte demande chinoise dans ce domaine, où l’Europe a une compétence indéniable et où les enjeux sont considérables.

 

Solscope Mag : et la route ?


Philippe Margarit : Le marché du diagnostic routier est beaucoup plus européen que franco-
français. Avec Lehmann + Partner, nous avons la volonté de faire un marché européen de la mesure de la route. Si ce n’est pas encore annoncé, c’est en tout cas programmé. Et les besoins sont considérables puisqu’il s’agit désormais en Europe d’entretenir des infrastructures routières construites il y a une vingtaine d’années. Le secteur présente donc de bonnes perspectives de croissance.


Solscope Mag : vous avez considérablement diversifié vos activités : cela doit-il pâtir aux métiers d’origine de Ginger, tels que la géotechnique ?


Philippe Margarit : Il ne s’agit pas de défavoriser nos métiers de base, mais de nous y renforcer également ! La reprise des activités de sondage d’Arcadis en début d’année 2017 prouve notre attachement à la géotechnique. En reprenant les agences de Dunkerque, de Nantes et de Quimper, avec leurs moyens de sondage en propre, nous étoffons notre implantation dans des régions où nous n’étions pas ou insuffisamment présents. Notre stratégie consiste à intensifier notre proximité sur le territoire national de manière à apporter à nos clients service et réactivité. Pour ce faire, nous ne nous interdisons pas de procéder encore par rachat, mais privilégions toutefois aujourd’hui la voie de la croissance organique.


Solscope Mag : les projets du Grand Paris dopent l’activité, mais changent de nature. Cette évolution est-elle préjudiciable à votre activité ?


Philippe Margarit : Le Grand Paris nous a beaucoup apporté de travail en matière de géotechnique amont, de sondage de reconnaissance. Depuis 1 ou 2 ans, elle apporte un peu plus d’ingénierie où l’on travaille avec les maîtres d’oeuvre à l’intérieur de groupements. Tout cela commence à se terminer pour entrer davantage en phase travaux. Cela nous conduit à effectuer peut-être un peu moins de sondages, mais cela est contrebalancé par la montée en puissance des prestations de contrôle des matériaux et de contrôle de travaux, spécialité du CEBTP.


Solscope Mag : l’avenir de la géotechnique sur le plus long terme est-il assuré ?


Philippe Margarit : Je le crois. La profession sort en tout cas par le haut de son atonie. Il y a de plus en plus d’ingénierie de la géotechnique adossée à de plus en plus de sondages. Les nombreux
dossiers soutenus par les unions syndicales, notamment en matière de normalisation, permettent de faire évoluer le métier avec la volonté que le géotechnicien intervienne à toutes les phases de travaux, à toutes les phases d’études. Mécaniquement, cela est porteur d’une activité plus importante et change l’image du géotechnicien. L’ingénieur géotechnicien est mieux considéré qu’il y a 10 ou 15 ans ! Il y a aussi, du côté des sondages, des grands travaux qui ont été engagés pour améliorer tant la sécurité des machines que de la qualité des essais. Il y a aujourd’hui un grand programme de formation des sondeurs qui est en cours, la qualification « Sondeur » est en passe d’être reconnue par
l’Éducation nationale. Nous avons suffisamment travaillé avec les unions syndicales pour faire que non seulement le métier de sondeur soit reconnu, mais que, d’ici 1 ou 2 ans, la notion de « Sondeur qualifié » soit inscrite dans les CCTP. Cette meilleure reconnaissance crée un environnement favorable à l’ensemble de la profession.

 

Propos recueillis par Philippe Morelli


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