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Formation

LA PASSERELLE ENTRE L'ENTREPRISE ET L'ACADÉMIE : ENSEIGNER POUR FORMER L'AVENIR DE L'INGÉNIERIE - <p>Umur Salih Okyay © Infraneo</p>
23/05/2024

LA PASSERELLE ENTRE L'ENTREPRISE ET L'ACADÉMIE : ENSEIGNER POUR FORMER L'AVENIR DE L'INGÉNIERIE


Rencontre avec Umur Salih Okyay, ingénieur en génie civil, titulaire d'un doctorat spécialisé en géotechnique et géologue professionnel, qui partage son expérience en tant qu'enseignant invité dans différentes écoles et universités.

Umur Salih Okyay explique comment son immersion dans le monde professionnel a renforcé sa passion pour l'enseignement supérieur. Fort de nombreuses années d'expérience, il partage
ses observations sur les changements dans les choix de carrière des étudiants et souligne l'enrichissement mutuel résultant de sa contribution à la formation des futurs professionnels. Il met en
avant l'importance du lien entre la théorie enseignée en classe et son application pratique dans le monde professionnel.
Explorez le monde dynamique de l'enseignement supérieur à travers les yeux passionnés d’un spécialiste. Une immersion inspirante entre théorie et pratique vous attend !

 

Pouvez-vous présenter brièvement votre parcours professionnel et expliquer comment vous avez intégré le domaine de l'enseignement supérieur ?

 

Umur Salih Okyay : J'ai commencé ma carrière dans les travaux souterrains avant de me tourner vers le génie civil de l'eau et les travaux spéciaux. Cette diversification m'a ensuite conduit vers
la maîtrise d'oeuvre, où j'ai eu l'opportunité de contribuer à de nombreux projets, en France et à travers le monde.
Par la suite, j'ai participé à la création et l'animation d'un service dédié aux ouvrages d'art, une expérience particulièrement enrichissante. Actuellement, j'assure la direction technique et scientifique
de la société Infraneo, rassemblant plus de 600 collaborateurs en Europe.
Mon immersion dans le monde professionnel a naturellement suscité chez moi un intérêt fort pour le partage du savoir, ce qui m'a conduit à m'investir activement dans le domaine de l'enseignement
supérieur. En parallèle de mes activités professionnelles, j'ai le privilège d'enseigner dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur, qu'ils soient publics ou privés, contribuant ainsi à la formation des futurs acteurs du génie civil.

 

Depuis combien de temps enseignez-vous dans l’enseignement supérieur et quelles évolutions avez-vous observées dans l'enseignement supérieur au fil des années ?


U.S.O. : Je suis impliqué dans l'enseignement supérieur depuis maintenant plus de 10 ans. Durant cette période, j'ai observé une transformation notable dans les parcours des étudiants, avec
une diversification des choix de métiers. Un autre aspect marquant de ces évolutions est l'émergence de modules spécifiques en géotechnique, où une attention accrue est portée à l'impact environnemental. Cela témoigne d'une prise de conscience croissante quant à l'importance de développer des solutions géotechniques durables et respectueuses de l'environnement. Plus
récemment, nous avons commencé à aborder de manière plus approfondie l'influence du changement climatique sur nos infrastructures. La notion de l'impact environnemental de nos projets devient de plus en plus prédominante dans les discussions académiques, soulignant la nécessité d'intégrer des
approches durables dans la conception des ouvrages géotechniques.

 

En tant que professionnel, pourquoi avez-vous choisi de consacrer du temps à l'enseignement, en particulier dans des écoles d'ingénieurs ?

 

U.S.O. : Enseigner dans des écoles d'ingénieurs est pour moi une possibilité enrichissante de partager ma passion et mon expérience. Contribuer à la formation des futurs ingénieurs est un privilège, chaque interaction étant une source d'apprentissage mutuel. C'est une manière humble et gratifiante d'apporter ma modeste contribution au développement académique et professionnel de la prochaine génération.

 

Comment motivez-vous les jeunes étudiants à choisir le métier des géosciences et à s'investir pleinement dans leur formation ?


U.S.O. : Dans mes cours, j'associe la théorie à des exemples concrets de projets repoussant les limites de l'ingénierie. Par exemple, nous examinons la construction des ouvrages ferroviaires
avec des opérations coup-de-poing, confrontés aux risques liés à la présence de poches de sable dans les limons quaternaires.
Nous analysons la sécurisation des carrières de craie à Meudon sur trois bilité du dernier transbordeur en France à Rochefort, construit à la fin du 19e siècle. Nous étudions la création d'une galerie de
protection anti-éboulement en Haute-Savoie, confrontée aux éboulements et glissements.
Je leur présente les défis liés à la construction de grandes tours à Monaco, telles que la Tour Odéon et la Tour Testimonio 2, sur un terrain en forte pente avec des contraintes hydrogéologiques et géotechniques. Nous abordons la conception d'une gare enterrée à 35 m sous le CNIT, mesurant 110 m de longueur, 33 m de largeur et 15 m de hauteur, comme jouer avec l'équilibre d'une immense tour de cartes où chaque carte représente la stabilité de l’ensemble.
Je les transporte également à travers des projets internationaux au Vietnam, à Hong Kong, à Istanbul, aux Maldives et en Afrique, partageant des anecdotes et des retours d'expérience.
Par exemple, nous étudions la construction d'un aéroport en pleine mer à Hong Kong, reposant sur des argiles ayant la consistance du dentifrice. Un défi, une prouesse de l'ingénierie.
Je partage mon expérience suite aux missions d'expertise menées après des sinistres. Ces situations nous font prendre conscience des limites de l'ingénierie et de la puissance de la nature. Je cherche à stimuler leur imagination intellectuelle afin qu'ils puissent relier la théorie à la pratique dans ce métier
passionnant.

 

Quels avantages tirent les étudiants de l'interaction directe avec des professionnels lors de ces cours dispensés par les intervenants extérieurs ?


U.S.O. : Ces interactions offrent aux étudiants une perspective concrète du monde réel, établissant un pont entre la théorie enseignée en classe et son application pratique sur le terrain.
Les professionnels apportent une actualisation des connaissances, partageant des expériences récentes et des tendances émergentes dans le domaine de la géotechnique. De plus, cette immersion directe dans le milieu professionnel favorise le réseautage, ouvrant des opportunités de stage, de mentorat informel et même d'emploi.

 

Quels avantages une entreprise du secteur pourrait-elle tirer de la participation de ses professionnels à l'enseignement dans les écoles d'ingénieurs ?


U.S.O. : Tout d'abord, cette collaboration renforce la visibilité de l'entreprise et sa réputation en tant qu'acteur engagé dans le développement professionnel. L'entreprise a également l'opportunité
de repérer des talents, facilitant ainsi le recrutement de futurs collaborateurs. Par ailleurs, cette implication favorise la mise à jour continue des compétences des professionnels, les obligeant à rester informés des dernières avancées techniques. Cet engagement dans l'éducation crée une synergie
bénéfique entre le monde académique et l'industrie.

 

Comment anticiper l'avenir de la formation en géotechnique afin de permettre aux futurs ingénieurs d'acquérir les compétences nécessaires à l'évolution du domaine ?


U.S.O. : L'avenir de la formation en géotechnique repose sur l'intégration de nouvelles compétences pour relever les défis contemporains. La numérisation du secteur exige la maîtrise d'outils numériques et l'utilisation de données massives. De plus, les compétences en durabilité et en résilience environnementale seront indispensables, mettant l'accent sur la conception de solutions respectueuses de l'environnement tout en garantissant la stabilité des ouvrages. La collaboration entre
l'industrie et le monde académique sera essentielle dans cette évolution. Des modules de formation continue, des cours en ligne et des programmes d'apprentissage intégrés avec l'industrie contribueront à assurer cette transition.


Concrètement, quels arguments proposezvous aux futurs ingénieurs afin de les motiver à choisir le métier d'ingénieur géotechnique ?


U.S.O. : L'ingénierie géotechnique, c'est comme le chef d'orchestre invisible qui assure la stabilité de tous nos édifices.
Voici pourquoi ce métier est aussi fascinant qu'essentiel ! Tout d'abord, imaginez-vous travailler sur une variété incroyable de projets : des ports, des barrages imposants, des tunnels, et même des aéroports. Chaque structure repose sur le sol, et c'est là qu'intervient le géotechnicien. L'ingénierie géotechnique, c'est un peu comme résoudre des énigmes de sol : on doit constamment faire preuve de créativité pour surmonter des défis complexes liés à des sols difficiles, des conditions géologiques complexes et des contraintes environnementales ! C'est une profession où deux géotechniciens face à la même problématique peuvent proposer quatre solutions différentes.
Cela offre une place privilégiée à l'innovation et à la créativité.
De plus, le côté écolo n'est pas en reste ! Les ingénieurs géotechniques contribuent activement au développement durable. En évaluant les impacts environnementaux des projets, ils proposent des solutions visant à minimiser l'empreinte écologique. C'est une manière gratifiante de contribuer à la
durabilité et à la protection de notre environnement. En tant que géotechnicien, vous aurez également l'opportunité de travailler en étroite collaboration avec des professionnels de diverses disciplines. Cette interdisciplinarité enrichissante élargit vos compétences et favorise une compréhension approfondie
des projets. Imaginez-vous être le maillon qui lie les expertises pour créer des projets solides et durables.

 

En fin de compte, quel message souhaiteriezvous transmettre aux lecteurs de Solscope Mag sur l'importance de promouvoir ces interactions entre le monde académique et professionnel dans la formation des géotechniciens ?


U.S.O. : La collaboration entre le monde académique et professionnel offre aux étudiants une perspective équilibrée, les préparant de manière plus complète aux défis concrets du monde
du travail. Ces interactions vont au-delà de la simple transmission de compétences techniques. Elles facilitent également l'établissement de contacts, offrent des opportunités de stages et d'emplois, ainsi que des conseils professionnels. Ce partenariat entre l'université et le secteur professionnel contribue à former des ingénieurs, techniciens et praticiens conscients des enjeux actuels, les dotant des compétences nécessaires pour innover et contribuer activement à l'évolution de leur domaine.
En encourageant cette approche, nous investissons dans la formation de professionnels mieux préparés pour répondre aux besoins actuels et futurs de nos métiers.


Propos recueillis par Aude Moutarlier


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