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LA PASSERELLE DE PORT D'OUVEY REPREND DES FORCES - <p>Renforcement du sol sur toute la rive gauche afin d’éviter un nouveau glissement de<br />terrain grâce à 73 inclusions rigides de diamètre 600, ainsi que 4 pieux en diamètre<br />700 pour la nouvelle culée.</p>
03/07/2023

LA PASSERELLE DE PORT D'OUVEY REPREND DES FORCES




Victime d’un glissement de terrain, la passerelle métallique du Port d'Ouvey, dans la Drôme, ne pouvait plus compter
sur ses appuis désormais fragilisés pour continuer à assurer le franchissement de l’Isère. Des travaux de réparation,
mais aussi de renforcement de terrain par inclusions rigides et tubes battus menés par Botte Fondations, filiale de Vinci
Construction et mandataire du chantier, permettront de sécuriser la passerelle pour encore quelques années.

Suite à un glissement de terrain survenu en 2015, la passerelle du Port d’Ouvey située à Eymeux et qui permet la circulation des vélos et piétons (véloroute voie verte qui relie Grenoble à Valence) s’était déplacée. Pourtant récente (2013), la passerelle n’a cependant pas résisté à la vidange rapide d’un barrage EDF, notamment au niveau de la culée rive gauche (C0) et de sa première pile (P1). Pour ces travaux de génie civil, l’essentiel du marché de travaux concerne les fondations profondes, c’est pourquoi le Département de la Drôme, maître d’ouvrage et maître d’oeuvre, a fait le choix de mandater un spécialiste, Botte Fondations, qui s’est entouré des entreprises Cofex-GTM Travaux Spéciaux,
Vinci Construction Maritime et Fluvial, Cheval TP et Ribière pour mener à bien les réparations.

 

DES RÉPARATIONS ET UN RENFORCEMENT DES SOLS


Entamés début novembre 2022, les travaux consistent à démolir et reconstruire la culée en rive gauche, améliorer les caractéristiques mécaniques des sols avec des inclusions rigides et des tubes
battus en rivière et mettre la passerelle à sa position initiale. Longue de 150 m et large de 2,50 m, la passerelle de 150 t qui franchit l’Isère repose sur 4 piles et 2 culées. Le glissement de terrain survenu
en 2015 a eu pour conséquences de déplacer de 15 cm la culée C0 au niveau du talus en rive gauche, engendrant de la même manière le déplacement de l'ensemble du tablier de la passerelle d'environ 4 cm. En début de chantier, la première travée (28 m) a été déposée, grâce à une grue de 350 t afin de permettre la démolition de la culée qui allait ensuite être reconstruite. Les travaux s’achèveront en juillet 2023.

 

UNE BERGE PARTICULIÈREMENT INSTABLE


Le terrain devenu particulièrement instable a donné lieu en phase préparatoire, à plusieurs études en modélisation fine afin d’assurer la stabilité de la nouvelle culée, mais également, du talus qui devait accueillir plusieurs engins lourds, dont une grue de 350 t.
« Pour renforcer le sol sur toute la rive gauche et éviter un nouveau glissement de terrain, nous avons réalisé 73 inclusions rigides au total, de diamètre 600, ainsi que 4 pieux en diamètre 700 pour la nouvelle culée », explique Antoine Renaud chargé d’affaires chez Botte Fondations, et il ajoute : « Depuis la berge, les équipes de Vinci Construction Maritime et Fluvial ont battu des pieux métalliques discontinus de 22 m et diamètre 800 dans la rivière. » La nouvelle culée en béton armé est réalisée par Ribière qui a également procédé au levage de la passerelle. L’instabilité du terrain a également conduit les équipes à procéder à un terrassement important du talus. Au total, les équipes de Cheval
TP ont décaissé plus de 3 000 m3 de matériau afin de soulager le talus. Pour repositionner la passerelle à sa position initiale, l’entreprise Cofex-GTM Travaux Spéciaux, a vériné horizontalement l’ensemble de la passerelle de 3 cm. Pour déplacer les 150 t, il a fallu prendre appui simultanément sur la culée rive droite et les piles P1, P2, P3.


LA PILE P1 SOUS MONITORING


Les 4 piles de la passerelle n’ont quasiment pas subi de dégâts, excepté la pile P1, la plus proche de la culée C0, qui s’était, elle aussi, déplacée de 17 cm. Nous avions très peu d’informations
fiables sur l’état de la pile P1 en début de chantier ; l’intégrité structurelle de la pile et l’état du sol à proximité de la pile nous inquiétaient beaucoup.

En étroite collaboration avec la maîtrise d’oeuvre (CD26), le groupement a préconisé un temps d’observation de la pile afin de diagnostiquer précisément les éventuels dommages sur l’ouvrage. « Dès le début du chantier, la pile P1 a été instrumentée, des contrôles topographiques et inclinométriques ont été réalisés à chaque phase critique du chantier », explique le responsable. Le principe de la méthode observationnelle a été appliqué pour vérifi er l’intégrité de la pile : mesures régulières ; modélisation aux éléments fi nis prenant en compte les résultats des mesures ; tests de la sensibilité des hypothèses géotechniques, application d’un effort horizontal en tête de pile pour vérifi er son comportement en conditions réelles. « Les tests ont été concluants et nous ont permis de conserver la pile. Nous avons uniquement modifié le chevêtre métallique puisque la pile s’est déplacée de 17 cm », poursuit Antoine Renaud.

 

UN CONTEXTE PARTICULIER DE SINISTRE


Dans le cadre de la construction d’un ouvrage, les méthodes constructives choisies lors de la phase préparatoire sont connues. Pour des réparations, il en va autrement. « Nous avions beaucoup d'incertitudes et d’inconnues en commençant le chantier, mais elles ont été levées au fur et à mesure de l’avancée des travaux et grâce à la méthode observationnelle », indique le chargé d’affaires. Car dans un contexte de sinistre, le chantier ne sera pas abordé d’une manière conventionnelle.
« Ici, les méthodes constructives doivent d’abord être adaptées aux réalités du chantier, ce qui dans le cas d’un sinistre n’est jamais évident, même pour des spécialistes de fondations », souligne-t-il. Un vrai défi pour Botte Fondations et ses partenaires, également confrontés à des enjeux environnementaux importants dans ce site naturel protégé, qu’il a fallu prendre en compte.


Veronica Velez


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